A propos de LA SEPTIEME TASSE

Depuis début septembre, et à raison d’un épisode par semaine, est publié sur le site de BELA (initiative liée à la SACD), une série que j’ai intitulée La Septième Tasse. Le dernier épisode paraissant aujourd’hui, c’est l’occasion pour moi de revenir sur cette expérience.

J’ai décidé d’accepter toutes les commandes de textes que l’on pouvait me proposer. Elles sont peu nombreuses, ce qui aide, mais elles sont également souvent l’occasion de canaliser des chantiers d’écriture personnels dans des formes et des durées qui les font murir. Tel est le cas de La Septième Tasse.

Fin août, alors que se clôturait ma résidence au LCB de Berlin, avec la satisfaction d’avoir sous le bras une première version de la pièce Vivre virtuel, mais également quelques frustrations – notamment à l’égard du roman en cours d’écriture – j’étais fatigué. Et la perspective de devoir me relancer si rapidement dans un nouveau projet avec si peu de répit, des ultimatums fixes et à courtes échéances me pesait. D’autant que je savais qu’en rentrant, une série d’obligations (nouvelle vie professionnelle,reprise des cours que je donne) allait me sauter à la gorge et mettre à mal le rythme d’écriture.

Mais je m’étais engagé…

…et il y avait ce roman en souffrance…

J’ai donc écrit le premier épisode le dernier jour de ma résidence, avec en tête l’idée qu’il constituerait la première pierre du roman. Pas le début, non, mais la première émanation visible du plan que je construis depuis des mois. Et cela m’a permis de retrouver de l’énergie et du désir.

Mais il fallait trouver une forme spécifique à ces 7 épisodes qui, tout en prenant racine dans un projet que je savais plus long, devaient pouvoir former un tout cohérent.

Là encore, la nature même de la commande m’a aidé. En effet, elle stipulait que les épisodes devaient contenir environ 2000 signes.

J’ai dès lors décidé de considérer chaque épisode comme un fragment. Fragments d’une histoire, d’un mouvement narratif en construction, mais qui s’accepte dans ses lacunes, ses ellipses, ses allers-retours. Qui se construit de manière circulaire, avec comme projet littéraire, non pas le récit, mais les ondes qu’il charrie. 1 (Comment pourrait-il en être autrement après Faulkner ?)

Petit à petit, au-delà de la série, la forme du roman s’est imposée à moi, dans le prolongement de la commande. Grâce à la résonance entre une impulsion extérieure à un moment donné et un projet de longue haleine qui cherche ses modalités de construction.

Tel que je l’envisage aujourd’hui, le roman sera constitué de 75 fragments…

En attendant, vous pourrez découvrir l’agencement de 7 d’entre eux dans La SEPTIEME TASSE sur le site de BELA, ou en version audio ci-dessous

(attention Spoiler Alert : tout y est déjà, en germe… mais pas les ondes dans l’ampleur que j’aimerais pouvoir leur donner).

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fin

  1. Je cite ici de mémoire Jean-Christophe Bailly.
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