Périphéries : premiers textes

En écho à la sortie de l’anthologie La poésie française de Belgique / Une lecture parmi d’autres (éditions Recours au poème), voici 2 poèmes inédits qui y sont reproduits, extraits d’un recueil en cours d’écriture intitulé « Périphéries ».

Et nous irons sur les landes,

Gorgés du dépouillement des vaincus.

Hors la langue, nous palperons le jour

Inaudible aux nantis.

 

Et nous panserons l’envie, l’ordinaire haine.

Car nous sommes enfants de l’attente.

Elle nous a nourri, elle nous guidera

Hors la lande et les torrents.

 

Par les sentiers bitumés d’ordures,

Nous saluerons ce qui nous nie

Du baiser crasseux des justes.

Car c’est en justes que nous mendions et mendierons.

*

On se fige dans l’attente, c’est ça ? On va, perdus.

On voudrait, on attend vouloir. Rien.

Du vide, on voudrait pouvoir extraire et dire.

Puis, là, en dedans, on tente. Pendus, on va.

 

Aux balbutiements, on voudrait entendre – rien,

Ce murmure filandreux du néant blessé.

Les pieds ballants, embués, on chante :

Rien n’est vouloir que réponse à la vie.

 

Alors, nous n’irons pas. Non, n’irons rien.

Aucun sentier, aucune écume, las des landes.

Je te dis, Luke, n’irons qu’en nous.

Car au monde qui nous dessine, le festin est nié.

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