• Autour des eaux de la réalité

    Cet article a été originellement publié, dans une version anglaise, sur le site Versopolis.

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    Selon vous, les écrivains sont des bateaux, des baleines, ou des poissons-volants ?

    Quoi qu’il en soit, qu’ils parlent d’eaux troubles, de nuit, de plongeon, tous s’accordent pour dire que le texte à venir est une traversée. John Keats, dans une de ces lettres, revisitée par Jeanne Campion pour son film « Bright Star », parle du poème comme d’un lac. Le poète nous dit que son travail consiste à « s’épanouir dans la sensation de l’eau». Pour Faulkner, écrire, c’est côtoyer le flux de la vie et l’arrêter par les moyens artificiels des mots.

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  • Si l’ennui est un luxe, la littérature en est le prix

    Cet article a été originellement publié, dans une version anglaise, sur le site Versopolis.

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    Dans une culture de la distraction, la littérature occupe une place incongrue tant la disponibilité qu’elle exige (auteur et lecteurs liés par cette exigence), ne semble pas prendre mesure du rythme qui, tout autour, fait office de norme. Profusion des contenus, emballement des liens qui dispersent sous couvert d’embrasser la complexité du monde.

    Ainsi, la littérature (par sa nature même et quel que soit le propos qu’elle se propose de déployer) réinvente les mobiles de sa résistance face à la civilisation dans laquelle elle s’est toujours ancrée. Une poche d’objection ancestrale, mais d’une nouvelle couleur. Lire Plus

  • Petites pensées pour RESPLENDIR

    Resplendir a obtenu le prix Emma Martin 2017, décerné par l’Association des écrivains belges de langue française, l’occasion de me pencher sur la mécanique qui a sous-tendu l’écriture de ces nouvelles.

    Mesdames, messieurs,

    Je voudrais saisir l’occasion qui m’est donnée ici pour revêtir une parole bien différente de celle à l’œuvre dans le livre dont il est question aujourd’hui. L’annonce de ce prix a été l’occasion pour moi d’adopter un regard rétrospectif, analytique, sur ces pages qui se sont détachées de moi il y a déjà longtemps. Aussi ai-je voulu les quelques lignes qui vont suivre comme une espèce de clé à mon travail : un éclairage pour ceux qui m’ont lu, une invitation à la lecture pour les autres. Lire Plus

  • Julien Gracq — réflexions sur le roman

    Début d’année = bonnes résolutions = des plongées, in extenso, dans l’univers d’un écrivain. Je commence avec Julien Gracq et la lecture – ou relecture – chronologique de son œuvre romanesque.

    En parallèle, j’ai découvert, avec délectation, une série d’entretiens radiophoniques intitulée « Les préférences de Julien Gracq : Entretien avec Jean Dalve, 1977 « . Lire Plus

  • A propos de LA SEPTIEME TASSE

    Depuis début septembre, et à raison d’un épisode par semaine, est publié sur le site de BELA (initiative liée à la SACD), une série que j’ai intitulée La Septième Tasse. Le dernier épisode paraissant aujourd’hui, c’est l’occasion pour moi de revenir sur cette expérience.

    J’ai décidé d’accepter toutes les commandes de textes que l’on pouvait me proposer. Elles sont peu nombreuses, ce qui aide, mais elles sont également souvent l’occasion de canaliser des chantiers d’écriture personnels dans des formes et des durées qui les font murir. Tel est le cas de La Septième Tasse. Lire Plus

  • André Romus, ami vivant poète

    Parmi les nombreux souvenirs qui émaillent notre courte et intense amitié, je voudrais revenir sur la dernière fois où nous nous sommes vus vivants.

    J’étais venu pour t’emmener de l’hôpital au centre où tu résidais depuis quelques mois. Depuis longtemps, ta fatigue morale et physique était palpable. Mais cet après-midi là, dans le taxi qui nous conduisait, tu paraissais léger. C’était le printemps et Liège, séduisante. Je ne me souviens plus de la lumière, mais elle nous enrobait au sein même de l’habitacle, et tu t’es mis à parler. Lire Plus

  • Une vérité selon Faulkner

    Faulkner m’a fait apparaître le Roman, comme plus tôt Rilke m’a rendu la Poésie réelle. Depuis quelques semaines, je m’enchaîne les livres (Absalon,Absalon, pour commencer, puis Pylône, Lumières d’août et à présent Tandis que j’agonise). Dans le désordre, avec chaque fois l’impression de plonger dans un univers à part entière, qu’il me faudra plusieurs pages pour appréhender. Et pourtant, même si la langue d’un livre à l’autre change sensiblement, toujours ce flot brut de réel qui affleure, au détour d’une page : Lire Plus

  • Le complexe du couteau suisse

    J’ai toujours été attiré par la multiplicité. Touche-à-tout en matières artistiques, je me suis plongé à corps perdu dans la musique, le cinéma, la littérature, et cela depuis ma prime adolescence.

    Mais depuis de nombreuses années, quelque chose en moi de l’ordre du complexe se développe, sans que je sache s’il prend naissance dans la pression sociale de l’hyperspécialisation, ou s’il est l’expression d’une insatisfaction intime. Lire Plus

  • Retour sur résidence

    Et voilà qu’aujourd’hui s’achève mon séjour au Litterarisches Colloquium de Berlin où, durant un mois, j’ai eu tout le loisir d’écrire, d’errer, de douter, de rencontrer. Lire Plus

  • Georges Bataille – la transparence de l’être aimé

    « Les mots du poème, leur indocilité, leur nombre, leur insignifiance, retiennent sur le cœur l’instant impalpable, baiser lentement appuyé sur la bouche d’une morte, ils suspendent le souffle à ce qui n’est plus rien. Lire Plus

  • Un cours de narration

    A la rentrée, je dispenserai pour la seconde année le cours de narration dans une école de préparation aux écoles supérieures artistiques (PREPARTS).

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  • A propos de VIVRE VIRTUEL – pièce en cours d’écriture

    Alors que j’étais en train d’écrire le premier acte de la pièce « Vivre virtuel », j’ai ressenti le besoin de sonder ce qui m’avait poussé dans les méandres du fait divers sur lequel la pièce est basée (lire l’article du journal Le Monde qui me l’a fait découvrir), peut-être pour fabriquer une lanterne qui m’accompagnerait dans la rédaction du texte à proprement parler. Le voici ci-dessous, en attendant la pièce, qui sera en création prochainement à la Fabrique de théâtre. Lire Plus

  • Journal Kafka

    « Je sens combien une grande partie de mon être aspire à la théosophie, mais en même temps j’éprouve face à elle une peur extrême. Je crains d’elle en effet une nouvelle confusion, ce qui serait très mauvais pour moi, puisque mon malheur présent n’est justement que confusion. Lire Plus

  • Poésie ?

    Je me demande si j’ai, un jour, écrit un poème et comment j’ai pu le faire. Je veux dire : comment l’être que je suis a pu voir le jour à travers cet affleurement du sensible dont je semble aujourd’hui totalement dépourvu. J’aimerais écrire un vers, en avoir le désir, et qu’il soit comme un mot susurré à la personne aimée, qui nous a échappé, mais qu’on sait juste à travers la teneur du regard qui l’accueille.

    oui

  • Lettre à mes enfants et aux enfants du monde à venir – Raoul Vaneigem

    Pourtant, il faudra bien s’aviser tôt ou tard de l’ambiguïté de la culture, voire de son imposture, car elle n’est rien d’autre qu’une entreprise d’usurpation du savoir.

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